« Faire comme si »
Quand les enfants jouent et vivent des histoires dans un monde imaginaire, ils « font comme si » ce monde était vrai. Ils ouvrent un espace intermédiaire entre le monde réel et le monde psychique où se déploie la vie et la vérité du jeu.
Le temps du jeu : ils y croient. Ils passent un « pacte de vraisemblance ».
Ce monde est un storyworld fictif ludique, ce que le philosophe américain Kendall Walton appelle une Mimesis, une « représentation ».
Mais ce mécanisme du « faire comme si », de créer un espace intermédiaire imaginaire dans lequel on passe un « pacte de vraisemblance », n’est pas réservé aux jeux d’enfants. C’est le propre de l’humain et de sa manière de traiter le réel : nous vivons tous, toujours, dans nos storyworlds et nous « faisons tous comme si », nous passons un pacte de vraisemblance. Comme le dit Nancy Huston, nous sommes une « espèce fabulatrice ».
Mais cela ne veut pas dire pour autant que tous les storyworlds se valent. Certains essayent de traduire le réel, d’autres tentent de l’occulter…
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