À force d’être utilisé, le modèle d’un storyworld crée des répertoires qui raccourcissent l’effort de traitement du réel. Le storytelling exploite ces répertoires pour propager le storyworld, gagner en hégémonie et convertir les esprits à force de répétition.
Ces répertoires finissent par pétrifier le réel dans une logique conflictuelle qui sépare le bien et le mal, les bons et les méchants. Ce processus correspond au phénomène de la fétichisation. Il facilite la manipulation des foules et de leurs affects, notamment au travers de l’éveil d’une « violence ressentie », indépendante de l’existence d’une « violence réelle ».
La fétichisation s’effectue sur plusieurs niveaux jusqu’à atteindre les mots pour les vider de leur sens et les transformer en signaux, lesquels mettent émotivement les foules en mouvement, dans l’adhésion ou dans le rejet.